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Intelligence artificielle : 90% des entreprises de la Branche utilisent déjà l’IA

L’IA est désormais bien installée dans les entreprises de la Branche des bureaux d’études. Mais comment est-elle utilisée ? Quels effets sur les métiers et les compétences ? Et surtout, comment accompagner les salariés face à ces transformations ? 

Pour répondre à ces questions, l’OPIIEC publie son premier baromètre consacré à l’intelligence artificielle, réalisé avec le soutien de l’OPCO Atlas.

Pour le SICSTI CFTC, cette étude apporte un éclairage précieux sur une transformation qui concerne directement les salariés de notre Branche : l’IA ne fait pas simplement évoluer les outils de travail, elle transforme progressivement les pratiques, les compétences et l’organisation des métiers.

Une adoption désormais massive

Premier enseignement du baromètre : 90% des entreprises de la Branche utilisent déjà l’intelligence artificielle, en moyenne depuis un a deux ans.

Toutes n’en sont toutefois pas au même niveau de maturité. Si 33% des entreprises en sont encore aux premières expérimentations, 21% placent déjà l’IA au cœur de leur stratégie et de leurs activités.

Le secteur du Numérique est particulièrement avancé, avec un niveau de maturité de 63/100, contre 45/100 pour les Études et le Conseil, 32/100 pour l’ingénierie et 28/100 pour pour l’Événement.

Et pourquoi les entreprises utilisent-elles l’IA ? Principalement pour augmenter leur productivité (79%), mais aussi pour améliorer la prise de décision et accélérer la recherche et développement.

Les bénéfices sont déjà perceptibles : 83% des entreprises utilisatrices déclarent gagner du temps grâce à l’IA, tandis que 47% constatent une amélioration de la qualité de leur production.

L’IA transforme d’abord les métiers et les compétences

Pour le SICSTI CFTC, c’est probablement l’un des enseignements les plus importants de ce baromètre.

L’enjeu n’est pas seulement de savoir combien d’entreprises utilisent l’IA, mais de comprendre ce qu’elle change concrètement pour celles et ceux qui travaillent dans la Branche.

En 2025, près de 5% des offres d’emploi émises par les entreprises contenaient déjà des mots-clés liés à l’IA, contre seulement 1,1% en 2017.

Les développeurs, ingénieurs techniques, chefs de projet et consultants sont notamment concernés. Mais le baromètre montre surtout que l’IA vient transformer les missions existantes : les développeurs, par exemple, voient certaines tâches évoluer avec la génération de code, tout en conservant un rôle essentiel de vérification et de supervision.

Cette évolution renforce donc un enjeu cher au dialogue social : la montée en compétences des salariés.

Les besoins portent notamment sur les usages transversaux de l’IA, la capacité à rédiger et améliorer des prompts, mais aussi sur la gouvernance et, pour les entreprises qui développent leurs propres solutions, sur la data et la modélisation.

Si 79% des entreprises ayant engagé des actions d’accompagnement ont déjà mis en place de la formation ou de la montée en compétences, seule 20% ont clairement identifié leurs besoins de formation.

Productivité, oui. Mais pas sans cadre

Le baromètre montre également que l’adoption de l’IA soulève encore de nombreuses interrogations.

La sécurité des données et la conformité constituent le principal frein au déploiement. Les entreprises soulignent également le risque de voir certains utilisateurs surestimer leur maîtrise d’un sujet parce qu’ils disposent d’un outil capable de produire rapidement des réponses.

Cette « illusion du savoir » peut entraîner des erreurs, des reprises, une perte de qualité ou encore fragiliser l’expertise professionnelle.

La question environnementale apparaît elle aussi dans les préoccupations : pourtant, 64% des entreprises déclarent ne mettre en place aucune action pour réduire la consommation énergétique ou les émissions de gaz à effet de serre liées à leurs systèmes d’IA.

Des règles encore loin d’être généralisées

Autre constat important : près d’une entreprise sur deux ne dispose aujourd’hui d’aucune règle définie en matière d’IA.

Les grandes entreprises sont davantage structurées : 61% des entreprises de plus de 250 salariés ont déjà formalisé et diffusé des règles internes.

Parmi les dispositifs mis en place figurent notamment les chartes IA, l’intégration de règles d’usage dans les chartes informations, ou encore la désignation d’un référent IA.

Pour le SICSTI CFTC, ces chiffres soulignent l’importance d’un accompagnement collectif de ces transformations. L’arrivée de l’IA dans les entreprises ne doit pas se faire sans règles, sans formation ni dialogue avec les salariés et leurs représentants.

Un baromètre pour anticiper plutôt que subir

Réalisé auprès de 606 entreprises de la Branche, complété par 22 entretiens qualitatifs, ce premier baromètre constitue un état des lieux de référence sur les usages de l’IA, dans les secteurs du Numérique, de l’Ingénierie, du Conseil et de l’Événement. Une seconde vague d’enquête est prévue en septembre.

En tant qu’instance paritaire de la Branche, l’OPIIEC  joue précisément un rôle d’observation et d’anticipation des évolutions des métiers, des compétences et des formations. La CFTC y participe aux côtés des autres organisations syndicales et patronales de la Branche.

Ce baromètre permet ainsi de mieux comprendre une transformation déjà à l’œuvre et d’identifier les conditions nécessaires pour que l’IA soit synonyme d’évolution des compétences plutôt que de simple automatisation des tâches.

Pour le SICSTI CFTC, anticiper les transformations du travail, c’est aussi donner aux salariés les moyens d’en être acteurs. 

Retrouvez l’intégralité de l’étude juste ici.

 

 

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