Ce que prévoyait l’accord
L’accord prévoyait une augmentation de 700 € à 1000 € pour les salariés d’au moins trois ans d’ancienneté, payés moins de 45 k€ et ayant eu une augmentation cumulée inférieure à 6% de 2023 à 2025.
Autrement dit, cet accord garantissait au moins 6% pour les salariés les moins bien lotis de l’entreprise. Contrairement aux années précédentes, la Direction avait accepté de retirer la condition de performance (le bénéfice de l’accord était exclu pour les salariés « mal notés »). Tous les syndicats ont jugé ce budget trop faible et ne permettant pas d’autres mesures.
Avis de la CFTC
Dans la situation actuelle :
- Suppression de près de 2.500 postes en cours dans le groupe en France,
- Très forte réduction des variables distribués,
- Aucune augmentation individuelle (sauf promotions),
- Et … la reprise de l’inflation,
Conformément à ses critères de signature et non-signature, la CFTC a jugé qu’il fallait obtenir au moins cela pour les salariés. La CFTC a communiqué sa position avec deux arguments :
- On ne peut pas abandonner les 2.200 salariés les plus fragiles de l’entreprise et cette période est plus qu’incertaine,
- On ne va pas laisser 2,5 M€ aux actionnaires.
Avis des autres syndicats
- La CFDT nous a suivi, avec l’idée qu’il fallait au moins faire quelque chose pour les moins lotis cette année.
- Curieusement, la CGT a écrit que le syndicat n’avait pas à compenser la mauvaise politique de l’employeur (donc qu’elle ne signera pas un accord qui améliore la situation des salariés).
- FO, CGC et UNSA ont seulement exprimé leur refus de faire aboutir l’accord, probablement sans tenir compte de la situation actuelle décrite ci-dessus.
L’accord n’est pas majoritaire
Pour qu’un accord soit applicable, il faut atteindre 50% de représentativité. Ensemble, CFTC et CFDT qui sont les plus gros syndicats du groupe en France cumulent 45% et ce n’est pas suffisant.
Et maintenant ?
Nous sommes toujours en négociation sur le sujet des 2.500 postes supprimés dans le groupe en France. Ce projet de la Direction coûtera environ 200 M€ dont la plupart serviront à financer des primes de départ, des dispositions d’accompagnement et les prestations des cabinets spécialisés. Le coût de ce projet impacterait fortement la participation. Pour les salariés qui restent, c’est LA punition de plus !
La CFTC réclame que le coût du projet de réduction de postes soit neutralisé dans le calcul de la participation.
La CFTC réclame qu’avec le support des deux plus gros syndicats du groupe, l’employeur doit au moins appliquer, de manière unilatérale, les dispositions de l’accord salaire.
Voir aussi :
- Signer ou ne pas signer : les critères de la CFTC
- Extrait d’une conversation avec un collègue :
Les augmentations de rattrapage n’ont pas pour objectif de rendre les salariés « contents », mais au moins qu’ils aient quelque chose par la négociation. Si nous n’essayons pas, cette population est certaine de n’avoir rien du tout. Quoi que nous obtenions, ce ne sera jamais considéré comme suffisant, soit parce que le montant est jugé insuffisant, soit parce que les problèmes rencontrés par les salariés concernés sont en fait bien plus larges que le seul salaire (affectation, perspectives professionnelles mésentente ou conflit avec son manager, sentiment d’être isolé …).
Ceci posé, quand on arrive au bout de la négociation, il ne s’agit plus de savoir quel est le montant qu’on veut, mais si on prend… ou pas. Posé comme ça aux collègues, ils prennent. […] Du point de vue syndical, on a le choix entre faire bénéficier les plus « faibles » de ces mesures ou leur dire que ce n’est pas assez pour qu’on signe… et que ce sera zéro. Perso, je trouve que ça craint.
On peut aussi rappeler aux collègues qu’on a besoin de plus de soutien de leur part, et qu’il faut adhérer au syndicat..
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