La CFTC a lu cette déclaration lors du CSEC du 13 Avril 2024 (les chiffres ne sont plus apparents, les salariés Capgemini y auront accès via le PV de cette réunion).
Les récentes restitutions des variables 2025 ont été très négativement reçues par les salariés qui nous ont remonté leur dégout dans des termes rarement aussi durs qu’ils sont impossibles à reporter dans un verbatim. Globalement, leur message était « Rendez l’argent sinon on va aller voir les actionnaires du Groupe et le leadership et ils ne vont pas du tout aimer ».
La CFTC a noté que l’UES Capgemini calcule, sur la base des données actuellement disponibles, un résultat net provisoire de X millions d’euros pour 2025, confirmant la solidité économique durable de l’entreprise en France. La GOP (Gross Operating Profit) 2025 est de X %. La Direction nous doit des réponses afin que nous puissions comprendre pourquoi les BPF (Business Performance Factor) sont aussi mauvais en 2025 alors qu’ils étaient déjà faibles en 2024 !
Comment les GOP budgétées en 2025 pouvaient-elles être aussi « challenging » et ainsi obtenir par exemple une « Absolut GOP After Restructuring » à 67% pour APPS France (73% en 2024), 15% chez ERD !! Et avec cela on réduit encore un peu plus avec un coefficient de « normalisation » de 0,95.
Ainsi, soit les budgets ont été sciemment surestimés pour piloter l’enveloppe des variables distribuables ou financer les coûts de restructuration, soit la réalité économique de 2025 est plus grave que rapportée et les élus du CSEC doivent immédiatement déclencher une alerte économique. Il est à noter que les variabilisés C et D sont les plus affectés, mais que les E et F sont aussi impactés malgré une formule de calcul plus favorable (50% basés sur le CA et le DOR).
Le dispositif du variable, historiquement présenté comme un mécanisme d’intéressement et de motivation à la réussite collective, est aujourd’hui devenu illisible, instable, et profondément démotivant, faute de transparence sur les objectifs et les résultats.
Enfin, au-delà de la très légitime colère des variabilisés, l’ensemble des salariés de l’UES Capgemini sont impactés par la décision de ne plus attribuer d’augmentations individuelles au mérite en 2026, hors promotion. Cette rupture n’a pas été annoncée lors des entretiens individuels de restitution de la performance, ni présentée dans les instances représentatives du personnel, ni même annoncée dans le cadre des NAO. Des salariés ayant atteint, voire dépassé, leurs objectifs se verront ainsi privés de toute reconnaissance salariale. Cette décision vide la notion même de mérite de son sens et constitue une rupture profonde du pacte de confiance entre Capgemini et ses salariés, qui sont sa seule ressource !
Les décisions prises cumulativement — enveloppe NAO dérisoire, suppression du mérite, forte dégradation du variable — produisent à la fois perte de reconnaissance du travail et de confiance envers le leadership, alors même que les salariés subissent depuis plusieurs années une érosion continue de leur pouvoir d’achat, dans un contexte d’inflation cumulée supérieure à 13 % depuis 2022.
La CFTC refuse de cautionner cette politique salariale qui tire durablement vers le bas les salariés de Capgemini.
