Cet article reproduit l’état de nos connaissances au 30 janvier, l’intervention sur France Info le 31 et la conclusion avec le désengagement de l’entreprise de sa filiale toxique
On en sait désormais un peu plus
L’information présentée comme avérée et active comme quoi le groupe Capgemini identifie actuellement des personnes pour les signaler à l’ICE est fausse.
Le groupe Capgemini ne met pas en œuvre – nulle part – de dispositif de surveillance et de localisation de personnes.
- Néanmoins une des filiale de Capgemini aux US a signé un contrat qui prévoit cela. Selon la direction du groupe, « On n’aurait jamais du signer ce contrat ». C’est une défaillance locale. Impact mondial auprès des 420.000 salariés du groupe, des clients, institutionnels, opinions publiques dans le monde entier…
- Le faible montant du contrat et le caractère spécifique de cette filiale on rendu cette opération invisible aux radars.
- L’information a été rendue publique en décembre par un site de surveillance des multinationales en France. Sur le moment, cela n’a pas attiré l’attention.
- Mais depuis, il y a eu deux assassinats de personnes par les effectifs de cette police ICE. Le tout filmé en direct et largement diffusé.
L’émotion est considérable. Même si le groupe Capgemini n’a pas (encore) lancé ce projet, la tentation est grande de faire encore monter l’indignation comme si le groupe approuvait ces violences, ou pire, s’en désintéressait.
En France, le groupe vient d’annoncer un plan de réduction d’effectifs de 2.409 postes. Bien entendu ceci n’a rien à voir avec cette affaire aux US. Mais le crédibilité et la confiance dans le groupe en ressortent très abîmés.
Epilogue de cette affaire, le groupe annonce qu’il se désengage de cette activité et vend sa filiale.
Que dit la presse ?
L’affaire a été mise en pleine lumière par le Washington,. En France, la presse a publié cette information stupéfiante pour les salariés du groupe : Capgemini « aide les policiers de l’ICE pour localiser les migrants et les expulser ».
La formulation au présent est trompeuse : ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il y a bien un projet avec un contrat signé, mais il n’est pas démarré à ce jour : A date, le groupe Capgemini n’aide pas les policiers à localiser les migrants.
Un montant important : « Jusqu’à 365 M$ pour localiser des sans papier. » en fait ces 365 millions couvrent une enveloppe globale (une sorte de budget général). Le montant du contrat attribué à Capgemini n’est que de que 4,8 millions $ (pour le moment).
On nous indique que la quasi totalité du chiffre d’affaires de LA filiale de Capgemini est consacré au département de la sécurité intérieure et que celle-ci représente 30% du chiffre d’affaires du groupe (soit 22 milliards en 2025) et qu’elle contrôlerait l’essentiel du budget de l’ICE.
Mais en réalité, c’est une petite filiale exclusivement dédiée au ministère de la sécurité nationale. Son chiffre d’affaires les 100 M$, soit 0,4% du chiffre d’affaires du groupe, 2% du CA du groupe aux US, et finalement 1% du budget annuel d’ICE qui dépasse 9 milliards de dollars. Prétendre que La filiale de Capgemini est le partenaire principal d’ICE est une fable. Nous devons dénocer ce projet pour une question de principe, peu importe le chiffre d’affaire.
A quoi sert cette filiale ?
Comme cela se fait dans d’autres pays, le gouvernement US a défini des règles très contraignantes de confidentialité et d’accès aux informations. Capgemini a créé une filiale dédiée pour pouvoir se conformer à ces exigences Capgemini Government Solutions.
Ethique ?
La charte étique du groupe interdit ce genre de prestation attentatoire à la liberté et aux droits des personnes. Normalement, si les acteurs de cette affaire avaient respecté cette charte, ils n’auraient pas répondu à cet appel d’offre, ni signé le contrat.
Ces acteurs sont en faute, mais leur hiérarchie aussi.
Pourquoi le groupe a-t-il laissé passer cela ?
Un contrat de 4,8M$ est passé inaperçu pour des dirigeants qui gèrent un chiffre d’affaire de plus de 22 milliards d’euros.
Habituellement, le dispositif d’alerte interne à l’entreprise permet d’identifier et de remonter les problème. Cela marche. Mais pas ici, ce projet est passé sous les radars : un relativement faible montant et une filiale corsetée dans des exigences de confidentialité n’ont pas permis de « voir » ce contrat.
Une fois signé, le mal était fait.
Que fait la Direction du groupe ?
D’abord très discrète, la Direction, consternée par cette affaire et le traitement de celle-ci, commence à s’exprimer plus avant.
- Elle a d’abord affirmé ne pas connaître l’existence de ce contrat (elle l’a en fait appris via le Washington Post).
- Puis elle a indiqué que ce genre de prestation ne correspond pas à ce que le groupe fait habituellement.
Un conseil d’administration exceptionnel est convoqué ce WE pour prendre les décisions nécessaires. La direction a prévu de communiquer ces décisions en fin de WE ou ce lundi.
Tout le monde attend un propos clair, peut-être des excuses, et surtout des actes pour que ceci ne se reproduise plus.
On pourrait en attendre autant des medias qui ont raconté de fausses informations aux citoyens.
Le groupe se désengage de sa filiale toxique
Arrêtée ce vendredi 30 janvier (ou peut-être même avant), la décision de se séparer de cette filiale a été validée par le conseil d’administration réuni samedi 31 janvier et ceci a été annoncé dans la foulée.
Enfin.

Point de vue de la CFTC
Découvrir que notre entreprise collaborait (ou s’apprêtait à collaborer) à une opération de chasse à l’homme est insupportable.
Il fallait rectifier ce qui pouvait l’être : démonter l’essentiel des fausses informations, se renseigner et apporter des faits plus précis et plus complets à la connaissance de tous (en commençant par nos adhérents), interpeller notre Direction, obtenir des explications, une solution à la crise en cours, et des engagements pour prévenir ce type de dérapage à l’avenir.
Le responsable CFTC du groupe Capgemini en France s’est exprimé en ce sens : interview téléphone AFP, radios, TV, présence sur deux plateaux TV, reprise des informations dans la presse (monde entier). Voir par exemple le plateau sur France Info TV du samedi 31 janvier 2026.
La solution retenue par le conseil d’administration est la bonne: couper les liens avec une filiale incontrôlable ordonnée à exécuter une politique contraire à nos valeurs.
Leçon du jour : quand une de nos filiales travaille pour un organisme, certes légal et légitime, mais qui doit appliquer la politique se son administration de tutelle, actuellement en pleine dérive attentatoire aux droits humains élémentaires, … on prend ses distances.
Voir aussi :
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https://sicsti-cftc.talkspirit.com/#/l/permalink/microblog/697cace4b08c27e5ec08e494
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https://sicsti-cftc.talkspirit.com/#/l/permalink/microblog/6979ee4dc03d5672510fae1c
