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Télétravail, flex office et rentrée : la position du SICSTI

À l’occasion d’une interview accordée à La Tribune, Louis Duvaux, Président du SICSTI a partagé son analyse sur les enjeux du télétravail, du flex office et sur la manière d’aborder la rentrée professionnelle avec plus de sérénité.

« D’abord, la fin du télétravail n’est pas une fatalité, ni systématique. Les entreprises qui « reviennent en arrière » n’ont pas réussi à adapter leur mode de management encore trop focalisé sur le temps de travail et pas sur les résultats à obtenir.

Le management par le résultat requiert des cadres agiles, capables de s’adapter aux différentes personnalités (des salariés), avec du leadership et de l’empathie. L’avènement du télétravail a montré que beaucoup de managers intermédiaires n’avaient pas toutes ces qualités, mais aussi, que le travail pouvait être obtenu… sans eux. Donc, formations à prévoir pour eux, et accompagnement.

Les entreprises (comme les salariés) identifient légitimement avec le télétravail un risque sur la « communauté de travail » et sur l’adhésion au projet d’entreprise. Ce risque peut être couvert par une plus grande attention aux personnes par le management intermédiaire et par une animation dédiée (visions et présentiel). On est loin du management par le temps de présence.

Donc un retour « apaisé » (pour autant que ce terme ait un sens), c’est un management ouvert et empathique aux personnes, cultivant la confiance et l’entraînement, donnant l’exemple, imaginatif, doté d’une bonne dose d’humour, capable d’encourager, même en cas d’échec, et juste dans ses appréciations (entretiens carrière). C’est encore mieux quand on est adhérent d’un bon syndicat qui agit concrètement sur vos conditions de travail (adhérez au SICSTI !).

« Adoucir le retour au bureau »: contrairement au discours ambiant, les gens, en très grande majorité, aiment leur entreprise et leur travail. A condition que les vacances se soient bien passées (et donc reposantes), on aime retrouver son boulot, les collègues, les projets etc. C’est une chance d’avoir un travail. Cela contribue à donner sens à sa vie.

Flex office et la « guerre des places assises » : c’est à l’employeur de fournir des postes de travail en nombre et qualité suffisants. Pas aux salariés « de se faire la guerre » pour une place. S’il en manquait dans mon entreprise, j’irais m’installer dans le bureau du patron, ou bien, j’installerais un canapé dans le couloir avec un parasol, ou n’importe quoi de farfelu. Je l’ai déjà fait. Et ça marche très bien (ça fait rigoler tout le monde et le patron comprend très vite qu’il doit agir).

Dans nos métiers, nous avons très peu de papier (sauf les administratifs). Pourtant, le « pot à crayon » sur son bureau, avec les mêmes collègues autour de soi, fait partie du « bien-être au travail », des repères sécurisants. Le Flex office casse cela (casier ou pas). C’est quelque part contradictoire avec la volonté de certaines entreprises de réduire ou mettre fin au télétravail : vouloir manager et contrôler le temps de travail… sans savoir où sont les salariés dans ses propres murs. D’autre part, le passage au flex office était motivé par une réduction du coût des m2 de bureau, au prix, c’est vrai, d’un inconfort, voire d’un sentiment d’insécurité des salariés. Alors, faire revenir en présentiel les salariés et augmenter les m2 : y a-t’il un pilote dans l’entreprise ?

Revenir sur le télétravail, c’est cumuler les inconvénients :

– Augmenter les surfaces de bureaux, et donc leur coût
– Augmenter le sentiment d’insécurité des salariés (si flex office)
– Augmenter la fatigue des salariés (temps de transport)
– Diminuer la productivité
– Réduire l’attractivité de l’entreprise pour recruter des talents
– Et au pire, diminuer l’adhésion au projet d’entreprise et à la communauté de travail ».

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