Serment d’Hippocrate pour les informaticiens ?

Même si l’intelligence artificielle ne constitue plus vraiment un risque de concurrence de l’être humain (“l’IA n’existe pas” comme dit Luc Julia), il n’en reste pas moins que de nombreux responsables (Brad Smith de Microsoft entre autres) ont jugé nécessaire, dès 2018, de formaliser un « serment d’Hippocrate » pour les professionnels de l’intelligence artificielle ou de l’informatique en général.

Cela rejoint les préoccupations récentes de l’Union Européenne quant à sa volonté de tracer des lignes rouges dans les développements technologiques futurs tout en mettant en place une organisation similaire à celle construite pour le RGPD.

Le code éthique publié par l’IEEE, qui apparaît être le plus factuel, a été rédigé en direction des responsables et dirigeants de l’ingénierie logicielle.

En voici la liste exhaustive citant notamment l’intégrité scientifique, la transparence de l’information, la non-discrimination des individus ou des groupes, le respect de la vie privée et de la dignité des personnes :

  • assurer une bonne gestion de tout projet sur lequel ils travaillent, y compris des procédures efficaces de promotion de la qualité et de réduction des risques ;
  • s’assurer que les ingénieurs logiciels sont informés des normes avant d’être tenus de les respecter
  • s’assurer que les ingénieurs logiciels connaissent les politiques et procédures de l’employeur en matière de protection des mots de passe, des fichiers et des informations confidentielles pour l’employeur ou confidentielles pour les autres
  • n’attribuer le travail qu’après avoir pris en compte les contributions appropriées en matière d’éducation et d’expérience, tempérées par le désir d’approfondir cette éducation et cette expérience
  • assurer des estimations quantitatives réalistes du coût, du calendrier, du personnel, de la qualité et des résultats de tout projet sur lequel ils travaillent ou proposent de travailler, et fournir une évaluation de l’incertitude de ces estimations
  • attirer les ingénieurs logiciels potentiels uniquement par une description complète et précise des conditions d’emploi
  • offrir une rémunération juste et équitable
  • ne pas empêcher injustement une personne d’occuper un poste pour lequel elle est qualifiée
  • s’assurer qu’il existe un accord équitable concernant la propriété de tout logiciel, processus, recherche, écrit ou autre propriété intellectuelle auquel un ingénieur logiciel a contribué
  • assurer une procédure régulière lors de l’audition des accusations de violation de la politique de l’employeur ou du présent Code
  • ne pas demander à un ingénieur logiciel de faire quoi que ce soit d’incompatible avec le présent Code
  • ne punir personne pour avoir exprimé des préoccupations éthiques concernant un projet

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